vendredi 20 octobre 2017

Dans la Somme, les éoliennes de la discorde

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20/10/2017

Commentaire : Aucune vie de citoyen français et d'ailleurs ne doit être sacrifiée au nom de l'industrie et pour des lobbies*. Et c'est pour cela que l'association Les Vues imprenables se bat au quotidien pour dire : STOPPONS et DEMANTELONS L'EOLIEN et BASTA!

LA RÉSISTANCE EN MARCHE!

(...) « La saturation, c’est toujours subjectif », rétorque Ralf Grass, délégué régional France énergie.  Ce personnage sait de quoi il parle, il semblerait qu'il vit en Suisse dans un des plus beaux endroits du monde au bord du lac Léman !

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De son jardin, Danielle aperçoit une quarantaine d’éoliennes qui bourdonnent... et bientôt douze de plus. « Inimaginable » pour cette habitante de la Somme, département qui en compte le plus, où des associations se battent contre leur multiplication quand les exploitants font valoir une opportunité économique et écologique.

« Ces dernières années, on a pris conscience du problème », témoigne-t-elle, en détaillant la genèse de chacun des parcs qu’elle a vu apparaître aux alentours de Montagne-Fayel. Au côté d’autres riverains, elle a déposé un recours dans l’espoir de faire annuler un projet, validé par la préfecture.

Cette commune de 170 habitants, séparée de quelques kilomètres d’autres petits villages par d’immenses champs agricoles, se situe à proximité de la vallée de la Somme, à une trentaine de kilomètres à l’ouest d’Amiens. Une grande plaine, très venteuse, estampillée favorable au développement de l’éolien par les services de l’Etat.
« On a l’impression que des projets arrivent tous les mois. On est pour l’éolien, mais comme toute technologie, cela doit être fait raisonnablement », observe Julie Sandri, responsable de l’association « SOS de nos campagnes 80 », qui avance une gêne visuelle, auditive et une dépréciation de l’immobilier.

- Simplifications législatives -
Avec un total de 1.136 MW, contre une moyenne à 122, soit près de 10 % de la production nationale (12.333 MW), la Somme arrive en tête des départements producteurs d’énergie éolienne.

Près d’un habitant sur deux vit à moins de 5 km d’un mât ; les objectifs régionaux de production fixés à l’horizon 2020 sont déjà atteints à certains endroits, selon la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal).

« On ne pouvait pas imaginer cette prolifération d’éoliennes » depuis le lancement d’un projet il y a quelques années, réagit le maire de Montagne-Fayel Jean-Marie Turlot, qui voyait une « ressource fiscale intéressante » pour le petit budget de la commune.

Des simplifications législatives et administratives ont il est vrai été actées ces dernières années pour « accélérer le développement » des éoliennes, selon la préfecture : suppression de la règle des 5 mâts minimum, des zones de développement, généralisation de l’autorisation unique...

Au risque de voir des zones saturées ? 
Plusieurs commissaires enquêteurs déplorent ce phénomène dans leurs rapports, notamment pour le projet voisin d’Airaines et Quesnoy-sur-Airaines. Sont relevés l’encerclement, l’impact cumulé des parcs instruits au même moment dans un rayon de cinq kilomètres, un « impact paysager sous-évalué » dans un « contexte éolien très marqué ».
Selon la préfecture, qui donne le feu vert in fine, un quart des mâts en moyenne sont rejetés, 14 autorisations ont été délivrées depuis janvier et 13 enquêtes publiques sont terminées ou en cours.
Parmi elles, celle de Vrély dans le Santerre, où, ce jour-là, se tient une permanence. « Pour le moment, ils en prévoient trois de plus. Mais par la suite ? » s’inquiète Philippe, venu consulter les documents pour se renseigner.

Un peu plus loin, un parc compte désormais une trentaine de turbines. « Notre logique est celle d’extension de parcs existants. L’intérêt, c’est d’éviter le mitage et centraliser les installations sur tel et tel endroit, d’autant qu’il y a des enjeux de raccordement », explique Nicolas David, responsable pour les Hauts-de-France chez Valorem, présent depuis dix ans dans la Somme avec six salariés à Amiens. 

Mannes financières
Pour le président du conseil départemental, « on est arrivé à un seuil d’inacceptabilité, en tout cas par endroits » avec des « recours systématiques ». « L’intérêt écologique a été supplanté par l’apport des mannes financières que ça apportait à une époque où la baisse des dotations aux collectivités étaient importantes », analyse Laurent Somon (LR), qui note toutefois l’effet « plutôt positif » sur l’emploi.

Selon l’Ademe, les collectivités locales perçoivent généralement entre 10.000 et 12.000 euros/MW installé. Le conseil départemental de la Somme touche près d’1,7 million d’euros, le reste étant réparti entre la commune d’implantation et l’intercommunalité.

« La saturation, c’est toujours subjectif », rétorque Ralf Grass, délégué régional France énergie éolienne, qui fédère les industriels, sondage national commandé à l’ Ifop en 2016 à l’appui. Il en ressort que 75 % des 500 riverains interrogés ont une image « positive » des éoliennes.

Plusieurs exploitants font d’ailleurs appel au financement participatif localement. « On observe une très bonne participation, jusque chez les riverains », souligne Laure Verhaeghe, directrice générale de la plateforme Lendosphere, citant un récent projet dans le Santerre financé à 27 % par des habitants des intercommunalités concernées.

Pour que « cela se passe bien avec les riverains », le gouvernement a lancé en octobre un groupe de travail national sur le sujet. « Si nous voulons moins de carbone et moins de nucléaire, nous devons accélérer sur les énergies renouvelables. Mais pas n’importe comment », avait déclaré le secrétaire d’État à la transition énergétique Sébastien Lecornu, relevant un « enjeu crucial en termes d’emplois et de développement économique ».

Dans les Hauts-de-France, quelque 1.500 emplois seraient directement ou indirectement liés au développement, la maintenance et la construction des éoliennes, selon une étude publiée en septembre par le cabinet Bearing point.

Le Plan Climat, présenté par Nicolas Hulot en juillet dernier, a fixé l’objectif d’une neutralité carbone pour la France à l’horizon 2050.

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